Les ateliers et le siège social des Harpes Camac sont en Bretagne. La Bretagne est avec l’Ecosse, l’Irlande, le Pays de Galles et la Cornouaille, un pays celtique, et là où il y a eu autrefois des Celtes, vous trouvez généralement aujourd’hui une florissante scène de harpe celtique.
Grégory Cappoen joue et enseigne la harpe celtique à Rennes, capitale administrative de la Bretagne. Il a développé un concept d’enseignement particulièrement génial : Telenn Armor. Telenn Armor est un studio mobile d’enseignement qui offre des cours dans divers lieux dans le nord, le sud et le centre de Rennes. Il offre aussi différents types de cours, avec ou sans solfège, individuellement ou en groupe, et un éventail créatif et pratique de cours supplémentaires. Grégory a été assez gentil pour nous en parler sur Harpblog !
Grégory Cappoen
« Lorsque j’ai eu sept ans, j’ai rejoint la première classe de harpe celtique de Bretagne, créée par Mariannig Larc’hantec à Lorient. Lorsque vous voulez devenir un harpiste sur harpe celtique, c’est évidemment super de vous retrouver dans une classe dédiée à cet instrument. Il n’y a rien de mal à être un harpiste de concert qui enseigne la harpe celtique à côté, mais vous ne serez pas aussi impliqué dans les techniques spécifiques et le répertoire qui appartiennent uniquement à la harpe celtique. C’est ce qui m’a inspiré pour proposer ma propre école de harpe celtique.

Par ailleurs, en France, la majorité des élèves d’école de musique doivent suivre un parcours formel avec de nombreux examens et beaucoup de solfège théorique avant même de pouvoir toucher une harpe. Mais j’ai rencontré de nombreuses personnes qui voulaient juste apprendre à jouer de la harpe, ce qui fut le cas pour moi. J’ai appris en prenant des leçons qui commençaient par trente minutes de solfège suivies de trente minutes de harpe. Ce système permet de mettre immédiatement en pratique le solfège que vous apprenez et j’ai toujours trouvé cela très utile. C’est donc un genre de leçon que je propose. Je propose également des leçons sans aucun solfège pour ceux qui préfèreraient se faire couper la tête plutôt que de l’apprendre. Il y a beaucoup de bons harpistes dans le monde qui n’ont jamais appris le solfège. Le solfège c’est bien mais nullement essentiel.
A côté des cours individuels (ou collectifs), j’organise plusieurs stages chaque année. Le plus basique de tous est un stage d’accord. Quand un débutant commence à prendre des cours avec moi, il participe à ce stage pour apprendre comment accorder sa harpe, changer les cordes et ranger correctement son instrument. Si l’élève est un enfant, ses parents l’accompagnent. Cela évite le problème récurent de l’élève qui annonce soudain qu’il n’a pas pu travailler parce qu’il manque six cordes à sa harpe depuis plus de six mois, parce qu’il est arrivé un accident à sa harpe rangée près d’une fenêtre violemment ouverte par un coup de vent, près d’un feu de cheminée flamboyant ou près d’un pupitre bancal.
Je propose aussi un stage de mise en relation de la harpe et de la sophrologie, une thérapie par la relaxation. Je me suis également formé à la sophrologie, et ce stage de relaxation est destiné à aider les harpistes à travailler leur posture pour éviter les problèmes de blessures. Ce stage s’adresse aux élèves qui ont étudié au moins trois ans et qui n’ont donc pas encore trouvé leur façon de jouer de la harpe et peuvent se concentrer sur le sujet.
J’organise aussi un stage sur la harpe et la chanson française, la chanson populaire. Je m’implique beaucoup pour développer le côté populaire de la harpe, de toutes les façons possibles. La langue française a beaucoup de qualités merveilleuses, mais il y a un aspect qui est gênant pour les harpistes, l’appellation pour « harpe à leviers ». En anglais, on peut dire harpe à leviers ou harpe celtique, cette dernière terminologie impliquant que la harpe à leviers est utilisée en l’occurrence pour la musique celtique. En français, la seule façon d’appeler une « harpe à leviers » est de l’appeler harpe celtique. Ce qui peut limiter la perception des gens sur la musique pour laquelle cette harpe est faite.
En dehors du répertoire populaire, j’ai aussi créé une façon de populariser la harpe celtique grâce à Telenn Armor à Rennes. Je voulais rendre l’instrument accessible aux habitants de Rennes et j’ai décidé d’offrir des leçons en plein milieu des principaux quartiers de la ville plutôt que dans un unique lieu qui n’aurait été pratique que pour un nombre plus limité de personnes. Je veux montrer que la harpe celtique peut être aussi accessible que la guitare. Vous pouvez en jouer sur la plage, vous pouvez jouer des chansons populaires, cela n’a pas besoin d’être rare et compliqué.
J’ai des élèves qui participent à des concerts et des spectacles des lieux populaires, des jardins publics par exemple. Ils se produisent avec des comédiens et des danseurs, et participent à des évènements de charité : je veux leur montrer quelle fonction remplit la musique au delà de la salle de classe, ce que font les vrais musiciens et pourquoi ils le font, pourquoi c’est utile et valorisant. J’organise régulièrement des concerts que j’appelle « auditions libres ». N’importe qui peut s’inscrire pour jouer, pas seulement mes élèves, et les concerts sont ouverts au public ainsi qu’aux parents. Nos artistes vont des plus jeunes enfants à Myrdhin lui-même. Je crois qu’il y a autant de dignité dans un morceau tout simple que dans ce que peuvent proposer les élèves plus âgés et plus avancés, et que tous peuvent partager la même scène à condition qu’ils prennent le concert au sérieux. La qualité n’est pas une question de nombre d’année d’études ni de nombre d’examens passés.
Qu’il faille adopter une méthode d’enseignement orale ou écrite peut être sujet à controverse dans le milieu de la harpe celtique en Bretagne. En ce qui me concerne, j’utilise les deux parce que je ne comprends pas pourquoi nous devrions les séparer. Pourquoi ne pas prendre le meilleur de chaque méthode ? Vous pouvez ensuite jouer d’oreille quelque chose que vous avez entendu à la radio et qui vous a plu, et vous pouvez aussi lire la musique.
En dehors de l’enseignement, je compose beaucoup, des pièces pour récital solo et pour le théâtre. Lorsque j’ai commencé à travailler comme harpiste professionnel, j’ai fait du théâtre à l’exclusion de tout autre chose, écrivant mais aussi jouant la musique de scène. J’aime cette façon de créer un univers sur scène. Dans mes concerts en solo, j’ai tendance à jouer des pièces que j’ai moi-même composées. Je m’intéresse beaucoup à la nature, aux images et aux émotions, à la musique qui vient du cœur et des éléments primaires qui nous entourent. Chacun trouve son propre chemin musical, et le mien est un chemin simple qui touche et implique directement les gens. Voilà ce qu’est la musique pour moi, et non pas passer des examens parce que vos parents vous disent que vous devez le faire. »
Grégory a trois sites internet : son site personnel en tant qu’artiste, un pour Telenn Armor, et un blog super génial, Popharpetc. Vous pouvez aussi profiter de son musique sur MySpace.
