L'année dernière, la harpe MIDI Camac a gagné le Prix Max Matthews en tant qu'innovation technologique à la 7ième Cérémonie des Qwartz Award.
Cette année Elisabeth Valletti, qui avait écrit et joué 3 pièces pour la Harpe MIDI - les "Harp Haikus" - lors de cette 7ième Cérémonie, vient d'être nommée à la 8ième Cérémonie dans la catégorie Musique Expérimentale pour ses "18 Exercices pour la Harpe MIDI" qui incluent les Harp Haikus qu'elle a joué l'année dernière.
TRES IMPORTANT: Le prix a un vote public. On peut écouter la musique et voter sur ce lien jusqu'au 15 février.
Si vous regardez MTV, vous devez déjà avoir vu ces vidéos de Cristina Braga et Ricardo Medeiros que la chaîne a reprises. Aujourd’hui voici quelque chose qui n’arrive pas souvent dans le monde de la harpe !
The Fridge, le site internet du centre culturel de Shelley Frost à Dubaï, vient d’être lancé. Shelley est une étonnante harpiste qui a su transformé l’offre de couverture musicale des plus grands évènements en création artistique – lire sa dernière interview dans Harpblog ici . Outre son travail dans l’évènementiel et au sein d’une entreprise, Shelley a fondé The Fridge afin de construire la scène de concert de Dubaï. Comme tout ce que fait Shelley, le site The Fridge est fantastiquement bien présenté, avec les meilleures fonctionnalités que le web peut offrir aux musiciens d’aujourd’hui.
Quoi de mieux pour commencer la nouvelle saison qu’une nouvelle Voix Camac en musique d’ouverture de notre site commercial, www.camac-harps.com ! Elisabeth Valletti est l’une des artistes d’avant-garde les plus intéressants du monde de la harpe. Au début des années 80, son parcours créatif l’a menée des études classiques en France au rock-and-roll et au jazz aux Etats-Unis, avant d’être signée à Londres par Chris Blackwell (le producteur de Bob Marley). L’album qui en a résulté, Innocenti a été jugé par Brian Eno comme “l’une des choses les mieux construites que j’ai entendues depuis des années”. A lire, le portrait d’Elizabeth précédemment posté dans Harpblog ici.
En avril 2011, la harpe de concert MIDI des Harpes Camac a reçu le Prix Max Matthews aux Qwartz Awards pour son innovation technologique. C’est Elizabeth qui a attiré l’attention des Qwartz Awards sur la harpe MIDI, et elle a composé et interprété son “Harp Haïkus” pour harpe MIDI lors de la cérémonie de remise des prix. La Voix Camac de septembre, “Mosquito” est extraite de ce Harp Haïkus :
Un moustique
Vole dans ma bouche
En bourdonnant
Les trois Harp Haïkus interprétés lors de la cérémonie des Qwartz Awards, “Cat”, “Mosquito” et “Gargoyle”, s’inspirent des haïkus écrits le poète japonais du XIX° siècle, Issa Kobayashi.
« Cela fait plusieurs années que j’écris des musiques avant garde pour la harpe bleue mais c’était la première fois que j’écrivais pour la harpe MIDI. J’ai eu la chance de rencontrer Arnaud Roy qui m’a expliqué les bases nécessaires à l‘utilisation de l’instrument. J’ai commencé à travailler avec Pro Tools comme logiciel et je suis en ce moment en train d’ajouter MaxMSP. Pour créer ma palette sonore de base je me suis servi des sons que j’avais traités pendant mes nombreuses années de travail – depuis les années 80 – en utilisant les harpes électriques avec les machines à effets et plus tard avec les ordinateurs. Quatre vingt dix pour cent des sons que l’on entend dans les travaux – qu’ils sonnent comme des percussions, des vents ou autre sons « étranges » - ont pour origine un son de harpe. Les dix pour cent restant sont des instruments conventionnels (violons, trompettes et autres ) et quelques échantillons de voix. Pour écrire les Harp Haikus j’ai choisi une série de sons que j’ai spécifiquement travaillé pour chaque haikus et qui correspondaient à ce m’inspirait chaque pièce.
J’ai toujours été fascinée par la science et j’ai maginé le monde des sons du microcosme depuis des années. Très intéressée par les études sur le fonctionnement du cerveau j’ai envisagé les mondes sonores crées par les évènements chimiques et bioélectriques dans le cerveau pendant les moments de vécu intense qui altère la conscience : coup de foudre, accident de voiture, clarté poétique, expérience mystique, évidence mathématique. Ce qui m’a attiré dans les haikus c’est le fait qu’ils s’inscrivent dans un moment minuscule très précis. « Le Moustique » par exemple parle de la seconde pendant laquelle le poète réalise qu’un moustique vient de tomber dans sa gorge et qu’il est toujours en train de faire bzzz. Roland Barthes écrit : « Le haïku est une griffure de lumière, une balafre dans le réel, inscrite dans le temps ». J’ai fantasmé et rêvé le temps qui s’étire, qui se répand dans la jungle sonore du cerveau, au moment « de la griffure de lumière, de la balafre dans le réel ». J’ai regardé à l’intérieur du microscome neuronal du poète. J’ai écouté les orages mettant le feu dans les interstices entre les dendrites et les axones, chevauchant sur les neurotransmitteurs, s’achappant dans les failles synaptiques. J’ai plongé plus profond dans l’univers des particules/ondes quantiques qui se fracassent en dansant.
Voilà la video : « Le Chat »
chat fou attaché
encore en train de pleurer
pour avoir plus d’amour
et « La Gargouille » :
on dirait qu’elle mord
la lune froide
la gargouille
J’ai rêvé d’une harpe MIDI depuis 1986 – j’ai récemment retrouvé une lettre datant de ce temps là dans laquelle j’écris à Joël Garnier en lui demandant d’en fabriquer une. J’avais déjà travaillé et composé pour Joel sur la Harpe à Mémoire et j’avais présenté mon travail cette même année à Pierre Boulez à l‘IRCAM. Bien que Boulez fut enthousiaste, la harpe à mémoire ne devait rester qu’un prototype trop cher à développer plus avant. Je savais aussi que Jakez, encore très jeune, rêvait lui aussi d’une harpe MIDI. Après tous les investissements et les années de recherche que la création de cette harpe a demandé, ce fut un grand jour quand j’appris qu’elle venait de naitre.
Je comprends que Camac en souhaite pas commercialiser la harpe tout de suite. Il est vrai qu’il faut se rendre compte de la quantité de connaissance technologique musicale que cet instrument nécessite. Arnaud Roy est ingénieur du son professionnel et bien que j’ai travaillé avec des harpes électriques et des ordinateurs pendant de nombreuses années j’ai passé quelques nuits blanches en train de chercher des solutions à toutes sortes de problèmes qui surviennent seulement quand on est dans la technologie MIDI, et pas seulement l’amplification et les traitements de sons non–midifiés. C’est aussi très utile de pouvoir corriger les « bugs » qui apparaissent soudain. La plupart des « bugs » viennent de ses propres manipulations – en effet la technologie musicale actuelle génère souvent des bugs qu’il faut savoir corriger. De même les paramètres de sons sont plutôt instables et cela à cause des vibrations « sans fin » de la harpe et de la technique de jeu propre à l’instrument. Cette instabilité est un vrai défi quand il s’agit de jouer des pièces écrites précises – ce qui est le cas pour les Harp Haikus. Mais cela est un plus excitant dans le cas de pièces improvisées, ce qui est une part importante de mon travail.
J’explore le potentiel des sons de harpe depuis plus de vingt cinq ans. J’aime l’idée de repousser les barrière de l’instrument, de dévelloper la richesse de son spectre musical, de modifier son acoustique pour créer des sons totalement nouveaux, de détourner la conception romantique que l’on a d’une harpe. La harpe MIDI ouvre les portes d’un monde sonore enivrant pour un artiste du son. Pour répondre à la question « mais que peut-on faire avec cette harpe que l’on ne peut pas faire sur un clavier MIDI, moins cher et plus malléable ? », je dirais que le jeu harpistique - les glissandis, les harmoniques, les cordes que l’on peut frapper, tirer, secouer, caresser, arquer, étouffer - tout cela contribue à la fabrication de matière sonore non réalisable sur un clavier. Et cela grâce au logiciel créer pour la Camac MIDI, dont les fonctionnalités sont en adéquation parfaite avec l’instrument.
Bien sur la MIDI peut être utilisé différemment. L’approche de Graham Fitkin est entièrement différente dans son « No Doubt » Concerto pour harpe MIDI et Orchestre. Il utilise des échantillon de discours parlé. Et l’impact de son oeuvre vient de l’effet de surprise, de choc même, d’entendre de tels sons jaillir d’une harpe. Une sensation puissante émane alors de la harpe – le fort volume sonore, la rage politique, le grand orchestre et la harpe que l’on entend si clairement – tous ces évènements surprenne l’auditeur qui n’attend pas cela d’un concerto de harpe.
Pour toutes ces raisons, je pense profondément que la harpe MIDI est un instrument à part entière. »
Vous le savez bien vous qui nous suivez régulièrement et qui, peut-être, y avez déjà assisté, l’Odyssée de la Harpe est un festival de harpe très spécial ! Il se déroule chaque année à Bourg-La-Reine, près de Paris, et met en valeur cet instrument bien particulier qu’est la Harpe Bleue. Né sous l’impulsion de Ghislaine Petit-Volta il s’applique, grâce au formidable investissement et à la passion indéfectible de toute l’équipe pédagogique du Conservatoire de Sceaux-Bourg-La-Reine et de son directeur Jean-Luc Touret, à faire découvrir la harpe bleue et à développer son répertoire en programmant divers concerts dont la création par les élèves des classes de harpe de pièces commandées spécialement pour l’occasion (retrouvez toute l’histoire de ce festival dans l’article publié dans Harpseasons).
Cette année, la sixième édition de l’Odyssée de la harpe se déroulera les 21 et 22 mai 2011 et mettra l’accent sur le jazz avec la participation de la merveilleuse Rossitza Milevska et de son Milevska Jazz Trio, ainsi que de la légende de la harpe jazz qu’est Park Stickney. En outre, le concert d’ouverture du festival proposera un programme très intéressant de jazz, de pop et de musique contemporaine allant de Charles Mingus à Benjamin Britten, avec bien sûr, la participation des élèves des classes de harpe de Florence Boudon et de Marianne Le Mentec.
Pour réserver vos places, prenez directement contact avec le Conservatoire de Bourg-La-Reine au +33 1 41 87 22 32.
Et voici un nouvel exemple d'une jeune harpiste qui suit sa propre voie! Lena Woods est à la fois harpiste (élève de Myriam Serfass) et chanteuse de rock. En plus de ses propres chansons, Lena fait aussi des reprises de The Cure, Alter Bridge, Janis Joplin, Metallica, Pearl Jam, NIN.
Andy Summers, du groupe The Police, et le roi de la bossa nova brésilienne Roberto Menescal, viennent de sortir un nouveau DVD : United Kingdom of Ipanema. En invitée, on retrouve Cristina Braga à la harpe bleue et son compagnon Ricardo Meideiros à la guitare basse!
Vous pouvez bien sûr retrouver la harpe bleue brézilienne sur les autres disques de Cristina et Riccardo, en particulier leur plus récent "Harpa Bossa", consacré à la bossa nova et la musique traditionnelle du Brésil.
Il m’arrive souvent, comme aujourd’hui, d’écrire avec une arrière pensée égoïste. J’en avais assez de hocher la tête d’un air entendu chaque fois que l’on me parlait de DI box, de splits, de câble jack 6.35, de sorties etc...alors qu’en réalité je ne comprenais absolument pas un seul mot. Réalisant qu’il était fort possible que je ne sois pas la seule harpiste dans ce cas, j’ai décidé de faire des guides pour bluffer sur les harpes électriques.
En fait quand je dis “je”, c’est bien évidemment Jakez qui a écrit ces guides. Cela lui a peut-être demandé plus de travail de refaire mes brouillons que de tout écrire lui-même en partant de rien, néanmoins, le résultat est à la hauteur de nos espérances : un dictionnaire génialement utile pour les harpes bleues, le dictionnaire bleu. Vous y apprendrez ce que sont les boîtes de directs et consœurs, ainsi que des descriptions de tous nos instruments électriques et des liens vers leurs manuels techniques.
Elisabeth Valletti donnera un concert gratuit le 28 mai à Paris. C’est une occasion de découvrir la puissante expérience créatrice et avant garde qu’est son nouveau spectacle avec la BLUE HARP : « The ORFEO Project »