Il y a deux ans, Harpblog publiait une interview de Felicita Marockinaite au sujet de son travail au sein du Qatar Philharmonic Orchestra. C'est une interview dont je me souviendrai toujours, car il me paraissait étonnant qu'un orchestre classique occidental puisse se faire un nom dans un environnement très différent de sa culture d'origine. Tous ses programmes comprennent une œuvre par un compositeur originaire du Qatar ou du Golfe Persique par exemple, pour attirer un public plus local. Vous pourrez vous en rendre compte par vous-même lors du concert avec Anneleen Lenaerts et Dionysis Grammenos : un programme classique comprenant le concerto pour harpe de Glière et également Alnaham Voice du compositeur arabe H. Naama.
Je réfléchissais aux différents débouchés pour les orchestres, en particulier lorsque j'ai reçu une pétition pour la sauvegarde de l'orchestre du SWR (c'est-à-dire le SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg, et le SWR Rundfunkorchester de Stuttgart). Il est prévu que les deux orchestres fusionnent pour raison économique.
Personne ne suggère que les orchestres doivent toujours survivre en dépit de la demande du marché, et encore moins le SWR : ils ont publié une liste impressionnante de tous les moyens qu'ils utilisent pour gagner des partenariats et de nouveaux publics. Il ne suffit pas de défendre le fait qu'un orchestre est une oasis culturelle, même si c'est le cas. Tout comme l'orchestre philharmonique du Qatar, tous les orchestres doivent trouver des moyens créatifs et constructifs pour justifier leur existence.
Réduire le nombre des ensembles, souvent excellents à tous points de vue et bien établis, est en général une solution à court terme aux crises économiques. Mis à part le coup que cela porte à l'art et aux musiciens, l'acte de diminution rend l'ensemble moins important, et ainsi plus vulnérable lorsque le temps des coupes économiques revient. C'est la même chose lorsque vous décider de diminuer vos honoraires pour avoir plus de travail. Vous pouvez avoir plus de contrats pendant trois mois, puis ensuite les honoraires de tout le monde auront aussi diminué. Diminuez-les à nouveau et cela recommence, et finalement plus personne ne peut gagner sa vie, même vous. Harp Column Magazine a à juste titre fait campagne contre les diminutions économiques dans leur numéro de mars/avril 2012. Ces coupes font souvent boule de neige et souvent vous vous prenez le retour de bâton. Il est souvent mieux de maintenir l'ensemble et de s'assurer que son existence reste justifiée.
Voici un extrait du Concerto for Rababa and Orchestra de Marcel Khalife, que l'Orchestre Philharmonique du Qatar a créé en 2010. Ils ont récemment rejoué cette œuvre, le 5 avril dernier.




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